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argentin d'origine, a fait ses premiers pas dans une ambiance de répétitions au milieu des instruments de musique de ses parents, Los Hermanos Simon. Au pays chouchouté par le soleil, la vie s'écoule dans un cocon de sonorités folkloriques qui se tend sur tout le territoire de sa ville natale, Santiago del Estero, considérée comme la capitale des musiques traditionnelles par sa diversité et son grand rassemblement de musiciens, chanteurs et poètes.

À l'ombre du grand caroubier, l'arbre de la réunion, des rencontres musicales de toutes les branches de la famille, le petit Victor alors âgé d'un an, s'empare du tambour de son père et y marque un rythme de folklore reconnaissable. Pas étonnant qu'il gratte la guitare dès l'âge de cinq ans, découvre le piano presqu'au même moment et c'est en alignant des notes de façon nonchalante que surgit spontanément un thème. Déjà, le compositeur et l'interprète se confondent.

Sa fougue pour le piano le pousse à quitter son ancrage natal et c'est avec enthousiasme qu'il étudie l'interprétation et la composition à l'Université de Cordoba, son port d'attache pendant dix ans. Entre ses prestations de musique de chambre, il demeure intimement lié au tango et au genre folklorique argentin qu'il affectionne.

En accompagnant la Troupe de Ballet Folklorique Latino-Américain, il découvre et participe à des festivals en Bolivie et au Chili. L'envie de l'ailleurs mène Victor jusqu'au Festival de Folklore de Drummondville. C'est dans l'étreinte aux bras d'acier du pont Jacques Cartier que son coup de foudre retentit pour Montréal. Lors d'un concert de l'OSM mettant en relief la grande artiste Martha Argerich, pianiste originaire d'Argentine, une renaissance artistique enflamme Victor Simon : « Ce concert a été une incidence à me ramener plus que jamais à ma vocation de musicien. » La nuit même, en s'abandonnant à l'instinct de la création, en puisant dans ses fibres indélébiles argentines et sans connaître le splash ultime de ce plongeon, il prenait la décision de rester au Québec… pour y vivre.

L'année de cette décision, 1997, en est une funambulesque qui permet à Victor Simon d'être embrassé par l'univers sonore des mille et une nuits de Montréal, créant un éclat et des nuances dans sa vie musicale. Ses expériences multiculturelles et sa réceptivité aux émotions humaines donnent au piano de Victor Simon, un jeu d'une très grande sensibilité, inspirant des liens solides avec d'autres musiciens, relations qui font corps avec sa vie comme au temps de sa jeunesse. Il fonde l'Ensemble Montréal Tango en 1998 dans ce même élan de rencontres.

Loin de sa famille, la musique tango prend toute la force évocatrice de ses origines. Tristera est sans doute sa composition qui exprime le plus intensément la nostalgie de son pays et en même temps, l'extase liée à ses rencontres évolutives, au Québec. Victor compose et arrange les pièces pour le trio qui devient quintette lors du Festival international de Lanaudière. L'ensemble séduit partout où il se produit, tant au Québec, qu'au Canada et à l'étranger et des enregistrements viendront crystaliser leurs œuvres. Victor Simon participe également aux tournées américaines et européennes des compagnies Forever Tango et Amador, accompagne des artistes québécois tels Johanne Bluteau du Cirque du Soleil et la chanteuse vénézuélienne Soraya Benitez dont il a arrangé les quatre albums.

Aujourd'hui l'exil, son merveilleux exil, le ramène à ses racines, plus profondes cette fois, celles de la génération ayant migré du Moyen-Orient vers l'Argentine. Son nouveau projet « TangOriental » se concrétise par la formation d'un groupe qui offre un répertoire à la croisée du tango, des musiques qui l'ont fait naître et des rythmes du Moyen-Orient. C'est par un habile mariage des genres musicaux que Victor Simon renoue avec ses sources ancestrales, laissant émerger, sans retenue, cette percussion des rythmes, tout en préservant le caractère unique du tango. La confluence de tous ces styles est l'essence de son art.